Mukwege : « Le Congo peut changer »

 

Le Dr Mukwege était à la Sorbonne pour une conférence. Il a dénoncé l’inaction des dirigeants congolais et de la communauté internationale face aux massacres et a proposé un certain nombre de solutions.

Samedi, le Dr Denis Mukwege était à la Sorbonne à Paris pour une conférence sur le thème : « La problématique de la (re) construction de la paix en République Démocratique du Congo face aux défis de l’impunité. » Leprix Nobel de la paix 2018 a été distingué de la médaille de l’université

Paris 1 Panthéon-Sorbonne par son président, Georges Haddad .

Le Dr Mukwege est un gynécologue congolais qui vient en aide aux femmes violées. Dans son hôpital de Panzi  (Bukavu), il les soigne, leur apporte une aide psychologique, juridique et sociale, leur permettant ainsi de réintégrer la

société. Au cours de la conférence, il a détaillé les horreurs auxquelles il était confronté quotidiennement. Des viols et des mutilations sur des femmes, des enfants et parfois même des bébés.

• « Il n’y aura pas de paix sans justice »

Le Dr Mukwege a accusé les responsables politiques congolais de garder sous silence ces massacres, voire même de les encourager. Il a mis en cause la responsabilité de l’ex président Joseph Kabila dans la nomination d’anciens chefs de guerre à la tête de plusieurs grandes institutions gouvernementales.

La complicité de certains États voisins, notamment le Rwanda, ne fait aucun doute pour le médecin. Il reproche aussi à la communauté internationale « le cynisme et le manque de volonté politique. » Le Dr Mukwege a fait référence à plusieurs reprises au rapport du projet « Mapping », concernant les violations des droits de l’Homme en RDC de 1993 à 2003. Le document décrit 617 incidents violents survenus sur le territoire entre mars 1993 et juin 2003. 

« Qu’attend le monde pour prendre en compte ce rapport ?, a-t-il demandé. Nous ne pouvons accepter de voir une génération sacrifiée sans agir. »

Le Dr Mukwege a proposé un certain nombre de solutions face aux violences qui déchirent le pays. La première est de traduire les criminels en justice au Congo. « Il n’y aura pas de paix sans justice et sans retour de l’État de droit. » Il milite pour la création d’un Tribunal international pénal pour la RDC. « Le chemin de la paix sera long mais il existe », avance-t-il. Concernant le nouveau président congolais Félix Tshisekedi, élu en décembre : « J’attends, mais j’ai de l’espoir. Je crois que le Congo peut changer. »